Marathon de la Jungfrau en septembre

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William à la Jungfrau en 2018

Après une longue absence, nous voilà de retour avec le prochain marathon de William; celui de la Jungfrau! Un marathon que William affectionne tout particulièrement, comme celui de Zermatt. En effet, les marathons de montagne ont une grande place dans le coeur du coureur.

Le marathon de la Jungfrau se déroulera le 7 septembre 2019, c’est-à-dire, dans deux semaines.

William se souvient de sa première participation : « En 2009, je participais pour la 1ère fois au marathon de la Jungfrau et cette année sera ma 10ème participation à ce marathon proclamé comme le plus beau du monde. Le panorama est en effet grandiose dans les décors de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau. »

Cette course sert en réalité de préparation pour les 160 kilomètres que William va courir en 2020, en Suède.

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Objectifs 2019 – 2020

Bonjour à tous,

On espère que la période des fêtes s’est bien déroulée et vous souhaitons une bonne année 2019!

Pour William, il est temps de vous donner tous ses objectifs pour 2019 et également un objectif principal pour 2020. En effet toutes les courses se déroulant cette année seront des courses de préparation. L’objectif final et principal étant de courir un 100 miles (160 kilomètres) non-stop en avril 2020 en Suède.

Afin de bien se préparer à ce nouveau type de course, de nombreuses compétitions sont prévues.

Avril

50 miles (80 kilomètres) – Suède

Juillet

Marathon de Zermatt (9e participation) – Suisse

Septembre

Marathon de la Jungfrau (10e participation) – Suisse

Novembre

Marathon de New- York – USA

Voici donc les projets de cette année. Comme d’habitude, vous pourrez suivre tout cela sur le blog mais également sur les réseaux sociaux.

-Mélissa

Annapurna 100 2018, par William

Depuis Pokhara (180 km de Kathmandu), je vous livre mes impressions « à chaud » de cette course.

Tout d’abord, je prends l’opportunité à travers cet article de remercier infiniment ma famille, mes amis et bien entendu les sponsors.

Il est 4h du matin ce 27 octobre 2018. Le départ est donné dans la nuit profonde, seules les lumieres frontales des coureurs illuminent le chemin. Je suis confiant et pour la première fois de ma carrière de coureur (40 ans) je suis obligé de porter un sac de survie avec notamment 1 litre de liquide (pour moi, c’est du Coca Cola), une couverture de survie et des habits de rechange. J’ai vite compris la raison de cette obligation par la direction de la course.

L’itinéraire a été modifié cette année pour augmenter la difficulté: 106 km pour 6500 de dénivellation dont deux cols à passer à plus de 3500 mètres ! Après 20 km de course, les premières difficultés apparaissent non pas par le dénivelé mais par le terrain rempli de petits rochers, d’escaliers en pierre et même des traversées de cours d’eau.

 

 

Typiquement un paradis pour les coureurs népalais ! Une nouvelle experience pour moi qui préfère des terrains non accidentés.

J’atteins le premier col à 3500 m d’altitude après plusieurs heures à me battre avec le terrain qui n’est vraiment pas ma « tasse de thé ». Arrivé au col, la vue est splendide sur les Annapurnas (chaînes himalayennes). Après une courte pause pour me ravitailler et remplir mes deux gourdes. Nous sommes au 30 ème km. Je me sens bien et me voilà prêt pour la descente d’environ 10 km. Grande désillusion! Je pensais a une agréable descente comme nous en connaissons dans nos courses de montagne en Suisse (je pense notamment à Sierre-Zinal, la descente depuis le Weisshorn sur Zinal). Ce fut un vrai calvaire pour moi qui ne suis pas népalais! Une descente dans sa première partie à travers champs dont la mousson a laissé des ornières profondes puis, c’est une pente raide à travers la forêt (jungle en terme népalais). Mon corps est crispé, mon cerveau (ma tour de contrôle) m’ordonne de me concentrer sur chaque obstacle. Je tombe une dizaine de fois mais heureusement sans mal. Le temps file. Voilà 12 heures que je suis parti. Il n’y a personne, ni locaux, ni coureurs. J’ai vraiment peur de me faire mal en tombant. Je ralentis encore l’allure…

Après plusieures heures de descente me voilà à traverser un village népalais. Je prends le temps de lancer « namaste » et de faire une photo d’enfants .

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A vrai dire, je sais que je viens de perdre au moins deux heures dans cette sacrée descente. Je traverse un pont suspendu et me voilà à l’assault d’un raidillon à me couper le souffle. Deux enfants m’approchent en souriant. Je m’arrête et sors de mon sac une barre chocolatée que je leur offre. Ils sont contents. Ils vont avoir de l’énergie! C’est en fait une barre énergétique… Il est maintenant 18 heures et je dois enclencher ma lampe frontale car la nuit tombe. Arrivé au « Check Point  » , je me dis que je vais me ravitailler avant d’attaquer le 2ème col à plus de 3000 mètres d’altitude et les 50 km qui me restaient à parcourir. Je me sens bien et suis prêt mentalement à continuer le temps qu’il faut pour terminer la course (14h ou plus cela m’était égal) La seule préoccupation qui me hante est de me perdre dans la nuit ou de me blesser.

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William au ravitaillement des 20km

Arrivé donc au Check Point, je suis étonné de voir d’autres coureurs plus rapide que moi dans la descente assis au coin d’un feu. Je comprends très vite la situation! La direction de la course a décidé de bloquer la course à la plupart des coureurs car la montée au col et surtout la descente étaient trop dangereuses de nuit.

Je suis dans un premier temps contrarié. Moi qui était prêt pour tenir des heures et des heures…. Me voilà stoppé dans mon élan. Des heures d’entraînement s’envolent en quelques secondes. Mais je comprends très vite que la décision d’arrêter la course était une sage décision (seul 20 % des coureurs ont terminé la course). Je n’ai pas le recul suffisant pour une appréciation de ma course mais je peux dire que cela a été la course la plus difficile techniquement à laquelle j’ai participé en 40 ans de carrière sportive!!

Chers lecteurs, chères lectrices, si vous êtes intéressés par Annapurna 100, n’hésitez pas à me contacter. Je vous donnerai volontiers des informations complémentaires! Entre temps, je vous remercie de votre soutien.

William

Marathon de Zermatt (07.07.2018) L’exemple à ne pas suivre

Après avoir couru le marathon de Zermatt pour la 8ème fois et dans des conditions inédites, William relate son expérience et les leçons tirées de celle-ci:

Je prends la plume électronique pour d’abord vous remercier de votre intérêt via les réseaux sociaux de la grande aventure « opération marathons planétaires ».

Le marathon alpin de Zermatt que je viens de terminer pour la 8ème fois a été très particulier pour moi cette année. En effet, j’ai couru les 42kilomètres avec une angine. Angine signifie des voies respiratoires obstruées et enflammées !

Le doute

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Arrivé à Zermatt le vendredi, soit un jour avant le départ de la course, je ne suis pas très optimiste sur ma participation. De toute façon, je vais attendre le samedi matin pour prendre une décision tout en espérant que la nuit ne sera pas trop perturbée.

Le départ

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Il est 5 heures du matin ce samedi 7 juillet. Le ciel est bleu ce qui présage un temps chaud qui n’est par un avantage lorsque l’on est malade. La nuit a été plutôt calme et reposante. Il me reste que quelques heures avant le départ pour une course qui va durer entre 5h30 et 6h30. Malgré cette sacrée toux, je me sens pas trop mal. Ma décision tombe durant le petit déjeuner : je vais aller sur la ligne de départ.

Me voilà à quelques minutes du départ de ces 42 kilomètres (il est 08h30). Pour les connaisseurs de la région, nous partons de St Niklaus (1118 m), vers le 21ème kilomètre nous traversons le magnifique village de Zermatt (1’616 m) pour attaquer ensuite la montée en direction du Riffelberg à 2’585 m.

Je suis incapable de savoir comment va réagir mon corps. C’est la première fois en 40 ans que je suis malade avant une course ! Je décide donc de courir à un rythme que je connais bien : celui d’un 100 kilomètres c’est-à-dire entre 7 et 8 km/h. Mon objectif est de ne pas entamer les réserves trop vite.

Le déroulement

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Au semi-marathon , je suis comme une cocotte minute ! J’ai la gorge en feu et dois m’asperger d’eau à chaque ravitaillement mais je tiens. Les grandes difficultés du dénivelé entre le 22ème et le 30 ème kilomètre sont avalées sans problème mis à part mon rythme bien trop lent pour un marathon.

Il est 14 heures, le soleil tape sur un corps qui court depuis plus de 5 heures. La respiration est toujours aussi difficile et la soif ne me lâche plus. Je suis tel un pompier n’arrivant pas à éteindre un feu. Heureusement, l’organisation de ce marathon est exemplaire. J’ai de l’eau pratiquement à chaque 4 kilomètres !

Il ne me reste plus que quelques kilomètres mais avec une inclinaison frôlant les 20 %. Je tiens le coup et je ne faiblis pas à ma grande stupeur. Vers 15 heures, je passe la ligne d’arrivée pour la 8ème fois !

Le dénouement

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Je suis conscient que le risque était trop grand. Prendre le départ d’une course aussi éprouvante que le marathon de Zermatt sans être en bonne santé est une bêtise qui peut coûter très cher : soit pendant la course ou soit même après.

C’est seulement grâce à l’expérience acquise au fil de toutes ces années, que j’ai pu contrôler mes efforts tout au long du parcours et éviter la défaillance.

Le prochain rendez-vous est fixé au 8 septembre 2018 avec le marathon de la Jungfrau qui est également le dernier test avant la grande aventure dans l’Himalaya programmée pour le 27 octobre 2018 (106 kilomètres avec 6’500 mètres de dénivellation).

A bientôt et reste à votre écoute,

William

 

 

2000px-Instagram_logo_2016.svg Suivez le nouvel Instagram de William pour avoir accès à de nombreuses photos et vidéos en cliquant ici.

email-logoVoici également le nouvel email pour contacter William ou si vous avez une demande/question par rapport au site internet: operationmarathonsplanetaires@outlook.com

 

 

Interview Marathon de Milan 08.04.18

Marathon de Milan - 2018
A l’arrivée

Hier, William a couru le marathon de Milan. Malgré une douleur dans le dos et une chaleur inattendue après de nombreux jours de pluie, William a bien terminé cette course. Ci-dessous une rapide interview avec William.

Pourquoi choisir le marathon de Milan alors que deux importants marathons internationaux , Paris et Rome, se faisaient à la même date?

Tu as raison les marathons de Rome et Paris sont deux marathons très connus que j’ai déjà couru donc j’ai préféré découvrir un nouvel itinéraire.

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William au 39ème kilomètre en plein ravitaillement

En parlant de tes marathons courus, d’après tes statistiques, tu as couru plus de 90 marathons, cela ne t’ennuie pas de courir ce même type de courses ?

Il est évident que je préfère soit courir des marathons de montagne tel que celui de Zermatt ou celui de la Jungfrau que des marathons de villes, qui sont maintenant de toute façon trop rapides pour moi.

Le marathon de Milan est en fait un marathon d’entraînement en préparation des 100 kilomètres que tu vas courir en octobre 2018 dans l’Himalaya. Es-tu heureux de ta course ?

Après ces 10 derniers jours fort chaotiques par le fait du réveil d’une vieille blessure –hernie discale – mais très bien traitée par les médecins, je n’étais pas très sûr que mon dos allait soutenir l’effort sur 42 kilomètres. J’ai baissé le rythme vers le 32ème afin de ne pas crisper les muscles du dos. Cette tactique a payé et mon dos, fidèle compagnon de route, m’a soutenu jusqu’à l’arrivée,

Quelles sont tes prochaines courses ?

Je vais courir les 20 kilomètres de Lausanne le 29 avril. J’adore le parcours. Et ensuite je vais attaquer les marathons de montagne en juillet celui de Zermatt et en septembre celui de la Jungfrau.

-Mélissa

Grand Slam REUSSI! 

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Comme vous le savez, si vous suivez William sur Facebook, le marathon dans le désert d’Atacama s’est déroulé hier. Cette course était la dernière afin de pouvoir entrer dans le club (très restreint!) des coureurs qui ont couru au minimum un marathon sur le sept continents ainsi que le pôle Nord.
Le but étant le Grand Slam, William a préféré ne pas prendre de risques sur un terrain qui s’est avéré être très difficile (le sable, les cailloux etc.) ainsi qu’un dénivelé typique des marathons de montagne.
William a surtout souffert de l’altitude. En effet le départ du marathon était à 4500m! Il a terminé comme il le désirait mais avec de grandes difficultés. Notons d’ailleurs que William était le doyen de cette course (63 ans).
Je vous tiendrai au courant du classement officiel (William devrait se trouver au milieu du peloton) et il répondra à quelques unes de mes questions concernant la course afin d’avoir plus de détails. Cet article sera probablement posté entre ce weekend et la semaine prochaine. Si vous avez une question en particulier n’hésitez pas à envoyer un message sur Facebook ou directement ici.
Merci encore de votre soutien!
Mélissa
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Interview avant marathon Atacama

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Bonjour William!

A quelques jours de ton départ, j’ai quelques questions à te poser sur ta prochaine course dans le désert d’Atacama, un marathon (42km) qui aura lieu le 16 novembre 2017 :

Peux – tu me décrire les grandes phases de ta préparation en vue de ce marathon ?

L’entraînement a commencé en janvier avec trois marathons de préparation. En mars, le marathon sur le lac gelé de Baïkal en Sibérie, en juillet le marathon de Zermatt et en septembre le marathon de la Jungfrau.

Quels ont été les défis à surmonter durant ta préparation pour le marathon désertique le plus haut du monde?

Il s’agit pendant pratiquement 11 mois de se préparer pour être prêt physiquement et mentalement le 16 novembre, le jour de la course, Il ne s’agit pas d’être prêt avant ni après cette date. C’est en fait un doux dosage de l’intensité de l’entraînement qui s’acquiert avec l’expérience.

Quelles sont les différences entre un marathon de ville, comme celui de New York qui se déroule aujourd’hui et le marathon d’Atacama ?

Il y a de grandes différences. Tour d’abord, le climat désertique et l’altitude (4’500 mètres) rendent plus difficile pour l’organisme les 42 km à parcourir. Puis, le terrain formé de terre, de cailloux et de sable exige des changements de rythme fréquents.

Enfin, la solitude du coureur (20 coureurs au départ) qui contraste avec le million de spectateurs à New York et les 50’000 coureurs !

Est-ce la première fois que tu cours en Amérique du sud?

Cela sera la première fois pour moi de courir un marathon en Amérique du Sud mais j’ai déjà couru un semi-marathon à Punta Arena, (sud du Chili) l’année passée.

Quel est ton objectif pour ce marathon d’Atacama ?

Le principal objectif est de terminer la course car cela me permettra d’intégrer le Club du Grand Slam qui est composé actuellement d’une centaine de coureurs ayant couru au minimum un marathon sur les 7 continents + le Pôle Nord.

 

 

– Mélissa, attachée de presse.

 

Atacama marathon, mot de William

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Bonjour à tous,
Le départ pour le Chili s’approche ( 10 novembre 2017 ). Malgré une semaine compliquée perturbée par des douleurs dans le dos, je suis prêt physiquement et mentalement à affronter le désert d’Atacama ! Ces prochains jours seront consacrés principalement à la récupération et à la préparation du matériel. J’ai parcouru les profils des autres participants (20) de ce marathon; certains ont des parcours impressionnants (voir sur le Facebook pour la liste des participants).
Bonne journée à tous et à bientôt.
William

Marathon désertique le plus haut du monde : Marathon d’Atacama (Chili)

Le 16 novembre 2017 a lieu le marathon désertique le plus haut du monde dans le désert d’Atacama au Chili. Comme vous le savez déjà, William participe à cette course et s’entraîne en vue de ce nouveau défi.

Ce marathon désertique débutera à une altitude de 4’475 mètres près du Tropique du Capricorne et à côté du Volcan Lascar dans le désert d’Atacama au Chili. La majorité de la course se déroulera au-dessus de 4’000 mètres d’altitude. La température se situe aux alentours de 30 degrés Celsius.

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Le désert d’Atacama est un plateau en Amérique du Sud long de 1000 kilomètres situé sur la côte chilienne du pacifique. Ce désert est composé de lacs salés, de sable et de volcans.

Le désert d’Atacama est connu comme la zone la plus sèche du monde et certains aspects de son terrain peuvent être comparés à la planète Mars.

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Mélissa, attachée de presse.

Marathon de Melbourne 2016: La dure réalité!

De retour en Suisse, William a écrit un texte concernant le marathon de Melbourne. Il raconte en détails son expérience et ses émotions par rapport à ce marathon qui a eu lieu dimanche passé. Merci de l’avoir soutenu sur les réseaux sociaux et nous espérons que cet article vous plaira. Les photos et l’article en anglais arriveront demain. 

-Melissa, attachée de presse

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Il est 5 heures du matin ce dimanche 16 octobre 2016, je suis dans ma chambre d’hôtel à Melbourne et ne me sens pas bien du tout. Des sons de tambours résonnent dans ma tête Je dois me rendre à l’évidence : j’ai dû sûrement manger quelque chose qui ne m’a pas convenu. Je me fais une tasse de café et grignote avec grande peine une Questbar (barre protéinée).

Il fait encore nuit. J’entends le bruit du vent siffler à travers les fenêtres. Dans 3 heures le marathon sera parti. Il n’y a pas d’autre solution que de me préparer à tenir ces 42 kilomètres et 195 mètres. L’objectif de ma venue en Australie est d’inscrire ce marathon à mon Grand Slam !

A 6 heures, je quitte l’hôtel pour rejoindre la ligne de départ. Toujours ce sacré mal de tête, signe d’un disfonctionnement d’une partie de mon corps. Je décide de terminer coûte que coûte cette épreuve. Je n’ai pas parcouru en avion 20’000 kilomètres pour abandonner !

Avec ces 6’000 coureurs, le départ du Marathon de Melbourne (le plus grand d’Australie) est donné à 7 heures précise. Je décide de courir derrière trois meneurs d’allure australiens. C’est une tactique de course qui me plaît. D’une part parce qu’ils me motivent et d’autre part parce qu’ils me protégent du vent.

Nous passons allégrement la distance du semi-marathon en dessous de 2 heures. Je suis étonné que je tiens l’allure malgré le fait que les ravitaillements officiels sont composés pratiquement que d’eau. L’eau est un vieil ennemi de mon estomac qui la rejette dans l’effort.

Le vent est de plus en plus violent. Nous atteignons le 23ème kilomètre. Tout à coup, mon corps m’alarme de la détection d’une ou plusieurs anomalies. Immédiatement, le cerveau, ma tour de contrôle, analyse et juge la situation. Le résultat de cette appréciation est sans appel : je dois ralentir le rythme et laisser le corps récupérer un peu de l’effort fourni. Je dois laisser filer les meneurs d’allure….au revoir les copains.

Deux kilomètres plus tard je n’ai plus d’énergie malgré l’apport de deux sachets de PowerGel (substance énergétique) que j’avais précieusement mis dans ma poche. Je bois de l’eau à un ravitaillement et la réaction est immédiate. L’estomac se noue et rejette le liquide sur la route à plusieurs reprises. Je connais ce « concept » par expérience. Je reste calme malgré ces alarmes de plus en plus fortes à destination de mon cerveau. Mon allure ralentit et je commence à me faire dépasser par d’autres coureurs. Je ne peux pas réagir !

Au passage du 30ème kilomètre, je mets en place une « liaison » permanente entre mon corps et mon esprit qui est, pour moi, une composante des facultés mentales. Je veux terminer coûte que coûte ces 42 kilomètres ! Je n’ai plus de réserve… Je ne souffre pas mais je m’épuise peu à peu.

Je ne veux plus regarder ma montre. Ce n’est pas l’essentiel. Une alarme se déclenche à nouveau. Mon cerveau l’interprète comme le «  chant du cygne » et me propose de terminer en douceur. Je décide d’alterner la course et la marche rapide. Que suis – je devenu ? Moi qui me vante de dompter les grandes distances !

Je passe le 38ème kilomètre sans gloire. L’épuisement commence à m’envahir totalement ; seul cette admirable relation corps – esprit me donne confiance. Je vais y arriver. Mon corps fatigué accepte les ordres : avance et tais- toi ! J’essaie de suivre un concurrent qui me paraît à ma portée. Cela n’est pas possible. J’ai l’impression que mes jambes sont des poteaux. Je ne peux plus plier les genoux. Une raideur sournoise a pris possession de cette partie de mon corps. Je continue à avancer tout de même.

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Passage devant « Finders Street Station, Melbourne » 38ème kilomètre

Enfin, j’entends les commentateurs installés près de la ligne d’arrivée. Il me reste deux kilomètres. A ce moment, je me souviens de Gabriela (“Gaby”) Andersen – Schiess. Ayant manqué son dernier ravitaillement du marathon olympique de Los Angeles en 1984, elle termina cette épreuve grâce à sa volonté mais dans un état physique indescriptible, complètement déshydratée, titubante sur la piste du stade.

Sous quelques applaudissements, j’entre dans le stade mythique de 100’000 places le « Melbourne Cricket Ground ». En principe, ce genre d’endroit me fait frissonner mais pas aujourd’hui ! Je me concentre… je dois encore faire un tour de stade. Tous les voyants sont au rouge. Rien ne fonctionne excepté cette liaison si précieuse entre mon corps et mon esprit.

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Melbourne Cricket Ground (MCG) il reste 300 mètres avant l’arrivée

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Melbourne Cricket Ground : il reste 100 mètres avant l’arrivée.

La ligne d’arrivée franchie, je me laisse entrainer vers un poste de samaritains. On me propose de récupérer, je n’ai pas besoin de perfusion. Couché sur un brancard, je remercie intérieurement mon équipe : le corps si fatigué mais toujours prêt à se battre, mon esprit si tenace et enfin mon cerveau si utile à la réflexion..